La crise qui continue d’étaler sa natte en Centrafrique a plusieurs effets directs et indirects sur la population. L’on note des pertes en vies humaines ainsi que des pertes matérielles sans compter des souffrances psychiques liées à la violence subie et son impact sur l’environnement social ne sont pas à négliger. Et il n’en demeure pas moins d’y penser sans relever l’importance des actions humanitaires durant cette crise politico-militaire. Quel sort réservera-t-on aux personnes victimes des atrocités et autres, si le service humanitaire n’était pas au rendez-vous bien qu’étant pris à partie par les combattants?
Rappelons que le Droit International Humanitaire (DIH) est un droit pragmatique centré sur le conflit, les tenants et les aboutissants aussi bien que les conséquences du conflit sur les humains. Et c’est en cela que le principe HUMANITE ait son sens.
Et selon le principe de distinction, le DIH impose aux belligérants de faire la distinction entre la population civile et les combattants. Le DIH se penche également sur le système de la précaution afin de protéger les civils quand il y a une intervention militaire.
Le DIH s’intéresse également au principe de la proportionnalité afin d’éviter des risques qui pourraient engendrer des pertes et dommages civils lors d’une opération militaire visant à anéantir l’ennemi. Il se veut interdire également les souffrances inutiles à une population civile pour atteindre un but strictement militaire.
De tous ces principes, qu’en est-il du cas de Centrafrique s’il n’y avait pas les humanitaires ou du moins la réduction de leur service suite à la montée des violences de tout genre?
En effet, ces principes sont difficilement respectés en Centrafrique c’est pourquoi l’accès aux premiers soins de base reste précaire et les gens continuent de gémir au grand dam des tortionnaires.
La présence du service humanitaire dans plusieurs domaine durant cette crise était et continue d’être un ouf de soulagement pour la population centrafricaine et du gouvernement. Car le service humanitaire a pu prendre à bras le corps, la responsabilité qui relève de la compétence de l’Etat telle que l’assistance alimentaire, l’accès au soin de santé, à l’éducation, à la protection…
Les humanitaires dont la finalité de leur objectif se résume à l’assistance et la protection, ont fait montre d’une détermination et aptitude durant les moments forts de cette crise à l’époque de la transition dans la Capitale comme en province. Et ils le poursuivent encore.
A l’époque de la transition de Michel DJOTODJIA et Catherine SAMBA-PANZA, l’assistant et la protection humanitaire ont pu épargner assez de vie de la violence et de la mort. Nous avons assisté à la formation des camps des déplacés avec une assistance alimentaire et sanitaire sur les sites. Sans compter également le courage et la détermination des agents de la Croix rouge qui ramassaient les cadavres dans les quartiers et les enterraient ; ceci parfois au prix de leur vie. C’est en cela que le service des humanitaires méritent toujours d’être capitalisé en tout lieu et en tout temps en République Centrafricaine.
Bienvenu Doumta Y.
