Dans un an et demi, la République Centrafricaine organisera les futures élections législatives et présidentielles en 2021. Entretemps, la classe de l’opposition s’est élargie et continue son petit bonhomme de chemin. Un climat alimenté par une certaine catégorie d’hommes véreux, égocentriques, assoiffés du pouvoir et, qui par leur acte veulent attirer l’attention du pouvoir central. Narcissiques, ils donnent l’impression qu’ils sont mieux que les autres et peuvent par un jeu de prestidigitateur assurer le bonheur aux centrafricains et surtout une vie décente durable après la crise qui a secoué.
En al. D de l’accord politique pour la paix et la réconciliation nationale, le gouvernement centrafricain s’engage et encourage les groupes armés à créer leurs partis ou mouvements politiques, sans contraintes conformément aux lois en vigueur en République Centrafricaine ... en accordant une attention particulière aux minorités et aux catégories moins représentées tels que les femmes et les jeunes. Il sera procédé à la révision de l’ordonnance N¨05. 007 du 02 juin 2005 relative aux partis politiques et au statut de l’opposition afin qu’ils deviennent dynamiques et actifs pour la promotion de la paix, de la tolérance, de la démocratie dans le respect de la diversité et de la citoyenneté centrafricaines.
Un groupe armé est une force non conventionnelle rebelle au régime en place qu’il combat pour le renverser. Les troupes des factions rebelles n’ont que les armes comme moyen d’expression. Alors dans un Etat de droit, c’est le débat démocratique et contradictoire qui prime. Deux options qui cohabitent difficilement. Mais la crise impose au pays une nouvelle expérience de la gestion des affaires de l’Etat. Déjà en cette période transitoire, les responsables des groupes armés sont nommés à des hautes fonctions politiques, militaires et civiles de l’Etat. Et certains éléments attendent leur incorporation dans les forces de défense et de sécurité de la Centrafrique.
Si d’aventure, ils créent leurs formations politiques et tentés de se présenter aux prochaines élections quel sera le message clé pour convaincre l’électorat ? Il n’y a que cette catégorie prompte à contester les résultats du scrutin et jeter la population dans la rue. Il faut s’en méfier. Le désordre n’est pas à exclure.
A quoi sert un parti politique ?
Des partis politiques sans orientation précise sont créés dans le seul but de gonfler les rangs de la majorité présidentielle, de bénéficier des royalties que leur versent les tenants du pouvoir et bien d’autres faveurs reconnues aux accompagnateurs de cet acabit. François Bozizé, s’inspirant des idéaux de Barthelemy Boganda contenus dans la devise de la Centrafrique, créa le KNK (le travail rien que le travail) et la masse paysanne s’y est identifiée à travers ce parti travailliste. L’obscurantisme submerge les autres formations politiques qui ne savent de quel côté, elles naviguent. A contre courant, bien sûr !
Aux Etats-Unis, les militants sont fidèles à leurs traditionnels partis Démocrate et Républicain en dépit de l’existence de quelques courants de pensée contraire dont la finalité est de contribuer à la préservation des acquis démocratiques et à l’animation de la vie politique nationale. La France, ce pays de référence ne fait pas l’exception. Là-bas, le champ s’élargit mais n’ébranle pas les socles de la démocratie, le tandem Gauche-Droite. Il ya aujourd’hui des tendances et un nouveau courant de pensée politique autour des sujets d’actualité tels que l’écologie, le changement climatique, la lutte contre la corruption, les migrations.
Où situer les hommes politiques centrafricains qui ne savent la quintessence des idéologies socialiste, de droite, le centre gauche et gauche, la droite et l’extrême droite, social démocrate, chrétien démocrate etc. Chez nous, le cercle se limite à la cellule familiale à savoir parents, amis et connaissances qui se partagent la subvention accordée aux partis politiques par l’Etat ou encore des avantages dus à leur alliance avec le pouvoir même s’ils ne pas représentatifs à l’assemblée nationale. Ils crient fort dans le désert pendant la famine et se taisent à l’unisson parce que la bouche qui mange ne parle.
C’est cette culture qui caractérise les hommes politiques ripoux en Centrafrique dont certains à l’époque de Bozizé ont dissous leur parti pour se fondre dans le KNK. Les ouvrières et ouvriers du parti travailliste n’ont pas apprécié cette parade, une transhumance insipide. C’est justement pour mettre la barrière aux aventuriers que le code électoral, malheureusement querellé, est révisé dans l’optique de les écarter de la course aux prochaines législatives ou présidentielle.
Donc, pour affronter les autres challengers il faut être un homme économique assis capable de supporter les frais d’une campagne électorale de deux semaines d’affilée. Et garantir aussi si jamais l’on arrive au second tour. Une élection présidentielle de gros sous. A bon entendeur salut !
Marcel Dexter Gazikolguet
