2019, est une année de malheur pour la République Centrafricaine sur le plan social et tous les ingrédients sont réunis pour l’attester. Dès le début de l’année, la capitale a connu une grande pénurie d’eau. Les puits ont tari et les femmes et les jeunes équipés de bidons, barils, récipients traversent les quartiers, parcourent une longue distance à la recherche de ce précieux liquide. Ils peuvent passer la journée à ne rien trouver pour la famille. Les robinets de l’eau potable de la Société de Distribution de l’Eau en Centrafrique (SODECA) sont asséchés parce qu’à cause de l’étiage, la station de pompage installée au bord du fleuve Oubangui ne remonte plus de l’eau à l’usine pour traitement.
En outre, l’ENERCA impose un programme de délestage qu’elle ne respecte pas. Au lieu de rotation par secteur pour chaque zone au quotidien, l’électricité vient et repartit aussitôt si bien qu’il est difficile de maîtriser les nerfs des consommateurs qui reçoivent des factures salées sans pouvoir consommer le produit. Les centrafricains sont privés des denrées précieuses : l’eau et l’électricité. Pour mieux servir la population, les deux sociétés d’Etat doivent subir des travaux de réhabilitation parce que la SODECA et l’ENERCA sont créées à l’époque coloniale et les installations sont vétustes et les tuyaux en rouille. Pour ce faire, il faut envisager des solutions miracles. Sinon, les rouilles se trouvant dans les tuyaux sont sources de maladies hydriques.
La pénurie d’eau a suscité la grogne des consommateurs sans aucune solution apaisante. C’était le désarroi et pour résoudre en partie le problème, certaines organisations humanitaires internationales ravitaillent des ménages en allant puiser de l’eau loin. On apprendra plus tard que la sécheresse de cette année a fait d’énormes dégâts. La récolte n’est pas bonne et en plus depuis la crise les paysans ne travaillent pas assez la terre et la production agricole est faible.
C’est ainsi que l’on assiste à la flambée des prix des denrées alimentaires sur les marchés de la place. Il suffit de se rendre dans une gargote pour se rendre à l’évidence des plantes des commerçantes. Celles qui s’approvisionnent en provinces, se plaignent de ce que les prix des transports ont galopé et les véhicules n’empruntent certains axes de provinces. Ce qui fait qu’elles sont contraintes de payer les taxis motos chers et la vente des marchandises ne rapporte absolument rien. Elles menacent de raccrocher en attendant les jours meilleurs.
A cela s’ajoute la pénurie de carburant dans le pays. Les automobilistes qui forment de longue file passent des heures et parfois de nuit à la station essence. Les pompistes instaurent un régime draconien. Ils ne servent pas au-delà des quotas imposés par la direction. Ledit quota consisterait à satisfaire tous les clients. Seulement voilà, les pompistes s’entendent avec les vendeurs ambulants qui revendent un litre de carburant très cher. Il se vend à 2500 f CFA. Les conducteurs en profitent pour augmenter leurs tarifs. Ils disent à prendre ou à laisser.
Les plaintes viennent plus des travailleurs qui habitent les zones périphériques et qui bloquent beaucoup de flouses pour régler le problème des transports urbains. Ainsi donc, 2019 est une année de malheur. Peut-être la pénurie( supposée) de ces succulentes chenilles de la Lobaye s’invitera à la fin de ce mois-ci.
M.D. G
